CAFÉ CARBONE - Infolettre - | Les pâturages face aux changements climatiques : tirer profit des défis | Les changements climatiques sont une source de risques pour le secteur de l’agriculture, mais ils présentent aussi, potentiellement, certaines occasions favorables, notamment pour les producteurs qui envoient leurs animaux au pâturage... Les projections climatiques d’Ouranos permettent d’anticiper l’évolution des températures et celle de la saison de croissance. À l’horizon 2050, les climatologues estiment que : | -
le début de la saison de croissance sera anticipé dû à un dégel printanier précoce; -
la saison de croissance sera allongée grâce à l’arrivée plus tardive du gel à l'automne; -
les températures moyennes estivales seront plus élevées. | | Ainsi, la saison de pâturage pourrait être plus longue grâce à un accès plus hâtif aux pâturages au printemps et à une prolongation de la période de paissance en fin d'année, à condition que les sols conservent une bonne portance. Le potentiel de rendement des pâturages sera plus élevé, ce qui pourrait entraîner d’autres avantages en cascade pour les producteurs : - une réduction de la quantité de fourrages à récolter;
- une baisse des coûts d’alimentation et des volumes de déjections à gérer ;
- une amélioration de la santé du troupeau et des sols.
| Toutefois, les changements climatiques peuvent également représenter certaines menaces pour les pâturages, plus particulièrement en raison des risques de mortalité hivernale, de sécheresse et de canicule qui peuvent fortement nuire à la pousse de l’herbe. Optimiser la gestion des pâturages, notamment en appliquant des principes de gestion intensive, permettrait de tirer le meilleur parti des opportunités tout en limitant les risques. D'autres stratégies sont également à explorer du côté du choix des espèces et de leur diversité dans les mélanges, de la fertilisation, et plus largement, du confort des animaux assuré par l'accès à des espaces ombragés et à des sources d’eau. | Vous avez dit « gestion intensive »? | La régie intensive des pâturages consiste en la séparation des champs en plusieurs petites parcelles clôturées, utilisées en rotation. Pour chaque unité de surface du pâturage, cela se traduit par : | - une réduction de la durée de chaque paissance, en raison des déplacements réguliers des animaux (par exemple, tous les jours au printemps, lorsque la repousse est rapide);
- l’optimisation de la capacité de charge du pâturage (le nombre d’animaux par section).
| | Les principes de ce type de régie permettent de maximiser le gain de productivité des plantes lié à l'allongement de la saison, tout en évitant leur épuisement : le déplacement fréquent des animaux empêche la défoliation excessive des plantes (le surbroutage), ce qui réduit le stress sur la plante et lui permet une repousse plus rapide, préservant ainsi ses réserves énergétiques. La « longue » période entre deux paissances des systèmes de gestion intensifs (en comparaison aux systèmes de pâturage extensifs, où l’herbe est fréquemment broutée) permet également aux plantes fourragères de développer une plus grande densité racinaire, assurant la pérennité du pâturage. | Tout part du calendrier de paissance! | La clé de ce système repose sur l’établissement d’un calendrier de paissance. L’idée est de prévoir, en fonction des particularités des pâturages (historique de rendement, topographie), la durée où les animaux resteront dans chaque parcelle et la fréquence à laquelle ils y reviendront (rotation). | Le but? Limiter non seulement les risques de surpâturage et de dégradation de la structure du sol, mais également les risques de sous-pâturage, qui peuvent amener la présence de fourrages trop matures à la rotation suivante. | | Ce calendrier gagne à rester flexible en cours de saison afin de permettre un retrait des animaux, ou un apport de nourriture au champ, advenant des rendements en fourrages insuffisants, ou si la portance des sols et les températures deviennent inadéquates pour le bien-être des animaux. | La gestion des pâturages, au cœur du projet BOvins pour le Climat | L’activité 1 du projet BOvins pour le Climat a pour but de quantifier les effets de la transition vers le pâturage en rotation en matière de productivité et de résilience. Réalisée sur une période de trois ans, l’expérience évaluera conjointement si l’obtention de pâturages plus efficaces, qui répondent bien aux besoins nutritionnels des animaux et qui favorisent leurs performances optimales, pourrait du même coup réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) des fermes. Pour en apprendre davantage, relisez notre infolettre à ce sujet et jetez un coup d’œil à notre fiche projet. | Le Laboratoire vivant – Lait carboneutre : quand producteurs agricoles, scientifiques et partenaires collaborent à la carboneutralité du secteur laitier | | Dans le contexte du Laboratoire vivant – Lait carboneutre, 20 fermes laitières sont au cœur d’un projet de recherche où collaborent chercheurs, producteurs et partenaires afin de concevoir, développer et mettre à l’essai des pratiques de gestion bénéfiques et des technologies novatrices contribuant à l’amélioration de leur bilan carbone. Pilotée par les Producteurs de lait du Québec, cette approche innovante vise à faire progresser les connaissances scientifiques sur la réduction des émissions de (GES) et la séquestration du carbone en production laitière, tout en proposant des solutions durables centrées sur les besoins et les intérêts des producteurs. Pour en apprendre davantage sur le Laboratoire vivant – Lait carboneutre et suivre le projet, abonnez-vous à l’infolettre. | Les rôles du CDAQ dans le Laboratoire vivant – Lait carboneutre | Contribution scientifique Au cours du projet, les producteurs participants ont eu la chance de réaliser leur bilan carbone à l’aide du calculateur d’émissions de GES Holos, calculateur développé par Agriculture et Agroalimentaire Canada. L’expertise du CDAQ a été mise à profit pour appuyer l’équipe de recherche de l’Université Laval dans l’adaptation de ce calculateur aux particularités des fermes laitières québécoises. | Comparaison des calculateurs L’un des volets du projet consistait à comparer quatre calculateurs d’émissions de GES auprès d’entreprises agricoles du Québec afin de documenter les choix méthodologiques et la nature des différences observées entre les résultats pour une même ferme. Le calculateur Agriclimat faisait partie des quatre calculateurs retenus pour le projet et a permis de réaliser les bilans carbone des fermes participantes. | Adaptation aux changements climatiques En 2025, le CDAQ a animé quatre ateliers interactifs portant sur les risques de sécheresse et de stress thermique liés aux changements climatiques. Devant la volonté qu’ont exprimée les producteurs participants de poursuivre leurs démarches pour la lutte contre les changements climatiques, ces derniers réaliseront, avec l’équipe d’Agriclimat, leur plan d’adaptation aux changements climatiques, de façon à compléter le plan climat de leur entreprise. | Pour obtenir plus de détails sur l’implication du CDAQ, consultez la fiche projet du Laboratoire vivant – Lait carboneutre. Voir la fiche | | La Caravane des changements climatiques : en tournée dès juillet! | En collaboration avec les fédérations régionales de l’UPA, la Caravane des changements climatiques reprendra la route au Québec dès juillet 2026. | Dans un cadre convivial de journée à la ferme, les différents ateliers, témoignages et conférences prévus au programme ont pour but de proposer aux producteurs et aux intervenants agricoles des activités de vulgarisation pour mieux comprendre les répercussions des changements climatiques en agriculture et de suggérer des solutions concrètes. C’est l’occasion de réseauter et de mettre à jour vos connaissances pratiques pouvant s’appliquer directement à votre entreprise. | Notez les dates suivantes à votre agenda et restez à l’affût, car nous publierons bientôt plus d’information sur nos réseaux sociaux! - Mauricie : 8 juillet, Ferme Joviane
- Gaspésie : 16 juillet, Ferme Sébastien Brière
- Abitibi-Témiscamingue : 5 août, Ferme Danicard
- Lanaudière : 27 août, Ferme Lortie
- Centre-du-Québec : 10 septembre, Ferme Bertrand Simoneau
- Estrie : 17 septembre, Ferme JF Bolduc
| Découvrez l’un des nouveaux talents de notre équipe | Pierre Tulk Diplômé du baccalauréat en sciences agroenvironnementales de l’Université McGill, Pierre est agronome depuis 2017. Également titulaire d’une maîtrise en architecture du paysage de l’Université de la Colombie-Britannique, où il a occupé des postes d’auxiliaire d’enseignement, il est membre de l’Association des architectes paysagistes du Québec (AAPQ) depuis 2026. | | Fort d’une expérience variée en agriculture, Pierre a amorcé sa carrière en recherche en entomologie à l’IRDA, puis chez Synagri à titre de représentant aux ventes. Après avoir piloté des projets en aménagement du territoire et coordonné la refonte du Memento de l’agronome au sein de l’OAQ, Pierre a exercé le métier d’architecte paysagiste pour une firme de biologie et environnement. Depuis son arrivée au CDAQ en novembre 2025 comme chargé de projet, il dirige un projet avec Concertation Grains Québec, collabore à la phase 3 d’Agriclimat et réalise les plans climat du Laboratoire vivant – Lait carboneutre. | 💡Une expérience à partager, une pratique inspirante à mettre de l’avant ou une question à soulever? Vous pourriez collaborer à l’infolettre! Écrivez-nous à info@cdaq.qc.ca. | | Agriclimat est financé par le gouvernement du Québec dans le cadre d’Action-Climat Québec, un programme coordonné par le Fonds d’action québécois pour le développement durable et qui découle du Plan pour une économie verte 2030. | | | | |