Aide financière agricole de Québec : un prêt bienvenu mais insuffisant

Selon un sondage de l'UPA, le Bas-Saint-Laurent serait une des régions québécoises les plus touchées par l'inflation. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Simon Turcotte
Prenez note que cet article publié en 2023 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.
Le ministre de l'Agriculture, André Lamontagne, a annoncé cette semaine qu’une enveloppe de 100 millions de dollars servira à soutenir la relève agricole et les agriculteurs qui éprouvent des difficultés financières ou qui entrevoient des besoins de liquidités à court terme. Au Bas-Saint-Laurent, des agriculteurs jugent que cette aide devra être revue à la hausse.
Les entreprises agricoles du Québec pourront toucher une aide financière d’urgence de 50 000 $ dans le contexte inflationniste actuel.
Selon le président de la Fédération de l'Union des producteurs agricoles (UPA) du Bas-Saint-Laurent, Gilbert Marquis, c’est un bon pas vers l’avant mais qui devra être ajusté assez rapidement.

Gilbert Marquis est le président de la Fédération de l'UPA du Bas-Saint-Laurent. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Alain Fournier
Les entreprises admissibles doivent répondre à ces trois critères : un chiffre d'affaires de moins de 1,5 million de dollars, un excédent financier négatif et un fonds de roulement négatif. Selon Gilbert Marquis, de nombreux producteurs agricoles ne pourront donc pas profiter de cette aide.
Des producteurs, on n'en a pas tant. Ceux qu’on a, il faut les préserver et les garder en vie. Je pense que M. Lamontagne a compris la détresse de nos producteurs agriculteurs, mais au-delà de ça, c’était grand temps que Québec bouge.
Le gouvernement estime que jusqu'à 2000 entreprises pourront bénéficier de cette aide. Selon un sondage récent de l’UPA, près d’un agriculteur sur quatre est en mauvaise ou en très mauvaise posture financière.
Pour le président de l'Association de la relève agricole du Bas-Saint-Laurent (ARABSL), Cédric St-Pierre, qui est aussi producteur de porcs et de lait, cette annonce est comme une bouffée d’air frais, en particulier pour les jeunes.
Le contexte en ce moment est très défavorable. Il faut quand même être conscient que ça reste un prêt. Ce n’est pas du nouvel argent, c’est des sommes qui étaient déjà dans le portefeuille de la Financière agricole.
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Pour des petites entreprises, c’est sûr que 50 000 $, ça aide à payer des factures à court terme
, ajoute-t-il. Cédric St-Pierre concède qu’il s’agit d’un prêt qui devra éventuellement être remboursé et qui pourrait devenir un nouveau boulet pour certains producteurs.
La garantie de prêt de 50 000 $ est offerte sans remboursement de capital ni d’intérêts pour une période de trois ans. Le remboursement de prêt peut être échelonné sur dix ans.
Le Conseil général de l’UPA aura lieu dans les prochains jours, rappelle Gilbert Marquis, ce qui permettra de discuter davantage des problèmes financiers auxquels font face les producteurs agricoles actuellement. Il compte continuer à exercer de la pression sur le gouvernement afin d'apporter davantage d'aide aux producteurs agricoles.