Rouyn-Noranda (Québec), le 12 juin 2026 - Hier, le gouvernement de la CAQ a scellé les termes de notre empoisonnement pour les sept prochaines années.
Le projet de loi 11, qui permettra à la Fonderie Horne de Glencore de prolonger son autorisation ministérielle jusqu’en 2033, est devenu une loi.
Cette décision condamne la population de Rouyn-Noranda à demeurer exposée, encore plus longtemps, à des concentrations inacceptables d’arsenic, de plomb et de cadmium, pourtant reconnues pour leurs effets nocifs sur la santé.
Nous serons effectivement exposé.e.s à des concentrations d’arsenic pouvant atteindre 45 ng/m³ d’air jusqu’à la fin de 2029, pendant encore 30 mois, malgré le fait que ce niveau d’exposition soit associé à un risque de cancer jusqu’à 100 fois supérieur à celui jugé acceptable ailleurs au Québec. Ensuite, 15 ng/m³ seront encore permis jusqu’en 2033, sans qu’aucun échéancier ni même aucun plan ne soit exigé pour atteindre la norme québécoise de 3 ng/m³.
Cette loi a été adoptée malgré les avis défavorables des autorités de santé publique. Elle a été adoptée malgré la sortie de 118 médecins de l’Abitibi-Témiscamingue, appuyés par le Collège des médecins du Québec et l’Association québécoise des médecins pour l’environnement, qui demandaient au gouvernement de ne pas autoriser une telle mesure législative. Elle a été adoptée malgré les vives inquiétudes exprimées depuis des années par des citoyen·e·s et des comités citoyens.
Le gouvernement a plié devant le chantage, les menaces de fermeture répétées et la campagne de désinformation d’une multinationale qui nourrit la peur et attise la division sociale pour maintenir et pérenniser son “droit de polluer” au détriment de la santé de la population.
Par cette décision, le gouvernement manque gravement à son obligation de protéger la population et de garantir le respect de ses droits fondamentaux. Il choisit de privilégier les intérêts économiques d’une multinationale étrangère, sans morale ni scrupule, en laquelle on ne peut pas avoir confiance, plutôt que la santé, la sécurité et la dignité des résident·e·s de Rouyn-Noranda.
Nous dénonçons avec une vive colère cette injustice environnementale grave et nous refusons que nos vies aient moins de valeur que si nous habitions ailleurs au Québec.
Maintenant que cette décision est prise, nous exigeons que le gouvernement en assume pleinement la responsabilité. Il doit non seulement communiquer à la population adéquatement et en toute transparence, les risques auxquelles elle est exposée, mais il doit surtout être honnête avec la population et lui dire qu’en adoptant cette loi, il accepte qu’à Rouyn-Noranda, les citoyen·ne·s ne disposent pas des mêmes protections ni des mêmes droits que les autres Québécois. Le gouvernement accepte de faire de Rouyn-Noranda une zone sacrifiée.
Citations
« Il est inacceptable que la santé de la population ne soit pas protégée par le gouvernement dont ce devrait être le rôle. Pendant que la compagnie s’enrichit, nous on continue de respirer un cocktail de plus de 25 contaminants, dont plusieurs sont cancérigènes » - déplore Isabelle Fortin-Rondeau
« Les risques auxquels la population de Rouyn-Noranda fait face sont bien documentés et considérés comme inacceptables par les balises québécoises. Ils auraient dû suffire au gouvernement à mettre en place des mesures urgentes pour protéger la santé, pas à donner des délais à la multinationale Glencore qui a très mauvaise réputation à l’étranger. » - dénonce Jennifer Ricard Turcotte
« C'est très déchirant pour moi qui suis arrivée il y a 8 ans dans la ville, je me sens trahie par les instances gouvernementales. Rouyn-Noranda est une ville à laquelle on s'attache très vite, mais les informations sur la condition particulière de pollution et de risques sur la santé et l'environnement de la ville ne sont pas facilement accessibles. J'ai découvert les enjeux par moi-même, à force de démêler les croyances, les rumeurs et les faits réels sur plusieurs années. Ce n'est pas acceptable, ce sont des données hautement importantes, et chacun·e doit pouvoir s'installer en pleine conscience de la situation. » - dénonce Céline Lafontaine