Aujourd’hui, le sujet : « Un traumatisme, c’est quoi ?»
Volet personnel : «Texte sur un homme qui retrouve son fils après 25 ans »
Titre : Après 25 ans
J’ai longtemps marché seul, avec un vide dans le cœur
Des saisons entières à chercher, un sens à mes douleurs.
Le temps faisait son œuvre, mais sans jamais vraiment guérir
Il restait dans le silence, ton visage et mes souvenirs.
Malgré les années, malgré tous les détours
Il y avait en moi, quelque chose qui croyait et attendait toujours.
Après 25 ans, nos regards se sont retrouvés
Comme deux morceaux de vie, que le temps n’a pas effacé.
Il n’y avait plus de colère, seulement un fragile instant
Où un père et son fils, réapprenaient doucement.
Nous avons changé tous les deux, la vie nous a transformés
Mais sous les blessures anciennes, il restait un fil à retrouver.
Pas besoin de tout comprendre, ni de refaire le passé
Parfois aimer encore, c’est simplement rester.
Et même si la route est longue, même si tout reste à bâtir
Il y a déjà dans nos silences, quelque chose qui veut guérir.
Après 25 ans, le cœur reconnaît encore
Ce lien plus grand que le temps, qu’on croyait perdu dehors.
Et dans ce fragile retour, il y a plus qu’un moment
Il y a deux êtres humains, qui se retrouvent lentement.
Suggestion :
Si ces quelques mots vous ont rejoint, prenez un instant pour accueillir
ce moment de grâce.
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Le thème : « Un traumatisme, c’est quoi ? »
Le mot « traumatisme » ou « trauma » vient du grec et signifie blessure.
Un traumatisme est donc une blessure… une blessure psychologique, émotionnelle et aussi physique.
Dans le cadre de cette réflexion, nous parlerons surtout des blessures intérieures, celles qui ne se voient pas à l’œil nu, mais qui influencent profondément notre manière de vivre, d’aimer, de réagir et d’entrer en relation avec les autres.
Pendant longtemps, personnellement, j’associais surtout le mot traumatisme à des blessures physiques du genre, un traumatisme crânien, une fracture, une brûlure grave ou un accident.
Ce n’est que récemment que j’ai commencé à faire un lien plus profond avec les traumatismes psychiques (le point d’origine de nos déclencheurs), plus précisément à travers les enseignements du Dr Gabor Maté portant sur l’enfant intérieur, les blessures émotionnelles et l’impact subtil des expériences vécues durant l’enfance et même la petite enfance.
La découverte de capsules vidéo du Dr Maté sur la relation Parent-Enfant-Adulte a été pour moi un véritable point tournant.
Ces réflexions ont éveillé en moi un immense intérêt pour le sujet et m’ont amené à approfondir mes recherches sur les traumatismes et à faire des liens avec les mécanismes de protection, l’attachement et le fonctionnement psychique de l’être humain.
Ensemble, nous allons faire la lumière sur ce qui fabrique un déclencheur, car tous les déclencheurs proviennent de traumatismes non soignés, non gérés.
Alors, qu’est-ce qu’un traumatisme psychique ?
Contrairement à ce que plusieurs imaginent, un traumatisme ne provient pas uniquement d’un événement spectaculaire, dramatique ou extrême.
Bien sûr, des événements comme la violence, les abus, les accidents graves, l’humiliation profonde ou l’abandon crée des traumatismes importants.
Mais il existe aussi des traumatismes beaucoup plus subtils, silencieux et invisibles, qui laissent une empreinte tout aussi importante.
Selon Gabor Maté, le trauma n’est pas tant ce qui nous est arrivé… mais plutôt ce qui s’est passé à l’intérieur de nous à la suite de ce que nous avons vécu.
Autrement dit, deux personnes peuvent vivre une même situation et ne pas être affectées de la même manière.
Le trauma, ce n’est pas seulement ce qui m’est arrivé.
C’est ce qui est resté figé en moi après ce qui m’est arrivé ou ne m’est pas arrivé.
Pourquoi ?
Parce que chaque être humain possède une sensibilité différente, une histoire différente et des ressources émotionnelles différentes.
Un enfant, par exemple, peut être profondément blessé non seulement par ce qu’il vit, mais aussi par ce qu’il ne reçoit pas.
Il va être blessé par :
• Le manque d’amour inconditionnel ;
• L’absence d’écoute ou de sécurité émotionnelle ;
• Le rejet ;
• La critique constante ;
• L’humiliation ;
• Le contrôle excessif ;
• L’indifférence ;
• Ou encore par le fait de devoir trop tôt devenir responsable
émotionnellement d’un parent.
Très souvent, les parents aiment sincèrement leurs enfants.
Mais eux-mêmes portent leurs propres blessures, leurs peurs, leurs traumas et leurs mécanismes de protection.
Ils transmettent alors inconsciemment ce qu’ils ont eux-mêmes reçu.
C’est ainsi que plusieurs blessures émotionnelles se transmettent de génération en génération.
Pour survivre émotionnellement à ces blessures, l’enfant développe des mécanismes de protection, des mécanismes de survie.
Ces mécanismes sont extrêmement intelligents, car ils permettent à l’enfant de continuer à fonctionner malgré la souffrance.
Par exemple, un enfant pourra :
• Devenir très performant pour être aimé ;
• Apprendre à ne plus ressentir certaines émotions ;
• Devenir hypervigilant ;
• Chercher constamment l’approbation ;
• Privilégier l'attachement à l'authenticité;
• Se couper de ses besoins ;
• Vouloir sauver tout le monde ;
• Ou, au contraire, s’isoler émotionnellement.
Le problème, c’est que ces mécanismes, qui ont servi l’enfant étant jeune, le desservent à l’âge adulte et deviennent des obstacles à une relation saine avec soi-même et avec les autres.
Beaucoup de nos réactions actuelles prennent naissance dans ces anciennes blessures encore actives à l’intérieur de nous.
C’est pourquoi certaines situations peuvent aujourd’hui nous « déclencher » émotionnellement de façon disproportionnée.
Ce n’est pas toujours la situation présente qui fait mal… mais la vieille blessure qu’elle vient toucher.
Prendre conscience de cela n’est surtout pas une façon de blâmer mes parents ou mon passé. C’est plutôt une invitation à mieux comprendre mon histoire intérieure avec douceur, compassion et lucidité.
Car je ne peux transformer ce dont je n’ai pas conscience.
Car, le véritable chemin de libération commence précisément là… au moment où je cesse de me juger pour enfin commencer à m'accepter et être à l'écoute de moi-même.
(À suivre bientôt sur les traumatismes)
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Bonne semaine, bonne suite…