Un bon substrat pour les plantes utilisées en génie végétal fait toute la différence dans la réussite d’un projet de stabilisation de berges ou de tout autre aménagement. À l’Université Laval, des recherches portent sur un mélange optimisé afin d’offrir des conditions de croissance favorables.
Par Elizabeth Leger1,2, Bérenger Bourgeois1, Laurence Turmel-Courchesne1, Monique Poulin1, Guillaume Grégoire1,2.
1: Département de phytologie, Université Laval, 2: Centre de recherche et d’innovation sur les végétaux, Université Laval
En 2024, des travaux de reméandrage et de reprofilage d'un ruisseau agricole linéaire à La Pocatière ont été réalisés pour contrer des problèmes d'érosion, d'envasement et de sédimentation. Des banquettes en gravier ont été instaurées pour créer des méandres, mais leur colonisation spontanée par les plantes de milieux humides est incertaine compte tenu du substrat pauvre, de la présence de phragmites en amont et des niveaux réels d'eau indéterminés. Ce projet vise à évaluer le succès de revégétalisation des banquettes à l'aide d'ensemencement de différents mélanges d'espèces indigènes graminoïdes, de paillis et de compost.
Six mélanges de semences ont été étudiés, dont trois commerciaux et trois maisons. Les traits fonctionnels des espèces (tolérance hydrique, longueur racinaire spécifique) et leur adaptabilité à des textures de sols variées ont orienté la composition des mélanges maison. De plus, l'ajout d'amendements (compost) ainsi que l'utilisation de trois types de paillis (bois raméal fragmenté, paille avec filet de jute, et matelas de fibre de coco) étaient examinés.
Des essais en serre ont permis d'orienter les choix d'amendements et de paillis et de retenir quatre mélanges afin d'augmenter les chances d'implantation sur le site. Pour la phase terrain, 24 banquettes ont été ensemencées en juin 2025 pour examiner le succès d'établissement pour un mélange commercial et les trois mélanges maison, les effets de l'ajout de compost et de l'utilisation des paillis de fibre de coco et paille avec filet de jute.
Les résultats préliminaires indiquent un effet positif du compost et des paillis. Le mélange commercial et le mélange maison de tolérance hydrique moyenne se sont démarqués comme les plus performants. La phase terrain se poursuivra jusqu'en 2026 afin de confirmer ces observations. Ce projet contribuera à améliorer les stratégies de restauration des cours d'eau et à enrichir les connaissances sur la revégétalisation en zone inondable.