Par Carl Tardif
S’il évoluait dans une équipe de hockey, la lettre «C» du capitaine serait bien en évidence sur son chandail. Au baseball, le titre est moins apparent, mais il n’en est pas moins important. Qu’on ne se trompe pas, l’arrêt-court Kyle Crowl est bel et bien le capitaine des Capitales.
«La plus belle lettre que l’on peut porter, c’est le «C» des Capitales», dit celui qui a récemment représenté l’équipe au match des étoiles de la Ligue Frontière devant la foule québécoise qu’il adore.
À sa troisième saison à Québec, l’Américain de 26 ans natif de l’État de l’Iowa se plaît au Stade Canac. Il y a connu ses plus beaux moments, l’été dernier, en frappant 17 circuits avant qu’une blessure ne l’empêche de vivre la frénésie du championnat sur le terrain avec ses coéquipiers en santé.
«Je le dis à tout le monde, je vis présentement les plus beaux moments de ma vie. Il y a quelque chose de différent chaque saison, je ne me tanne jamais de l’appui de nos partisans, de leur soutien. Mais aussi, tous les joueurs ont le même objectif. Tout ce qui compte pour nous, c’est de gagner», note celui qui vise une troisième conquête d’affilée.
Crowl remercie encore le ciel d’avoir été découvert par le gérant Patrick Scalabrini en 2022. Il sortait alors d’une bonne campagne dans la Ligue Pioneer, mais ses options pour poursuivre sa carrière n’étaient pas nombreuses.
«Je l’admets, les Capitales ont revigoré ma carrière, c’est aussi simple que cela. Je pensais même qu’elle tirait à sa fin jusqu’à ce que je débarque ici. Ça fait déjà trois ans que je suis ici, mais j’aimerais que ça dure encore très longtemps.»
Il ne connaissait pas les Capitales ni leur histoire avant de recevoir l’appel de Scalabrini. À part les Blue Jays, le baseball canadien lui était inconnu.
«Je serai toujours reconnaissant envers «Scal» d’avoir fait appel à moi. Je n’avais jamais entendu parler des Capitales avant de me joindre à eux. En fait, le Canada représentait mon dernier espoir, mais dès que je suis arrivé ici, j’ai découvert qu’il n’y avait pas de plus bel endroit pour jouer dans le baseball mineur professionnel. J’aime Québec, l’équipe, les partisans, mes coéquipiers, je ne pourrais pas trouver mieux ailleurs.»
Un leader vocal
En plus d’être un excellent joueur défensif et un frappeur redoutable, Kyle Crowl est aussi un moulin à paroles. Son attitude est contagieuse et elle en fait un meneur dans le vestiaire et sur le terrain.
«J’ai de la jasette en masse, j’aime parler et m’assurer que les gars soient heureux. Lorsqu’on perd, c’est plus difficile pour moi, mais on retrouve vite le chemin de la victoire en restant positif. J’essaie de faire ce que je peux, d’avoir la meilleure attitude possible tous les jours.»
Avant le début de la saison, Scalabrini lui avait dit qu’il serait l’un des leaders de l’équipe, qu’il suivrait les traces de T.J. White, qui fit l’un des joueurs les plus populaires de l’histoire des Capitales, autant aux yeux de ses coéquipiers que ceux des partisans.
«Il a été un rouage très important de notre formation, l’an passé, avec sa production et sa relation avec les joueurs. Les Capitales sont ancrés en lui, il a l’image de l’équipe à coeur. On lui a attribué un rôle de leader en raison de ses valeurs humaines, parce qu’il le méritait. Je savais que ç’a allait lever avec lui», note le gérant, dont le club occupait le premier rang de la division Est au moment de la rédaction de ce reportage.
Dire que dans les premières semaines de sa saison initiale à Québec, Crowl a eu peur de perdre son poste est d’être retourné à la maison.
«Il n’a jamais été danger que ça arrive», rappelait Patrick Scalabrini à propos du joueur qui se sent désormais chez lui.
*Contenu publié en primeur au Club FanatiQ*