Sujet:  Infolettre # 10 (10 mai 2026)

Bonjour ,

Aujourd’hui, le sujet : « Famille dysfonctionnelle c’est quoi ?»

Volet personnel : Pourquoi vous parler de moi… et retourner si loin ?
Parce que je suis de ceux qui croient, comme beaucoup d’autres, que tout se joue dans les premières années de notre vie, que le fonctionnement psychique (fonctionnement mental), de chaque être humain, se façonne au cœur de l’environnement dans lequel il grandit : dans son milieu familial, social, culturel.

Ce moule invisible prend forme très tôt. Certains diront 5 ans, d’autres 10, 15, parfois même 20.
Mais au fond, peu importe le chiffre exact… Ce qui compte, c’est de reconnaître l’immense influence de ces premières années sur l’enfant, puis sur l’adulte que nous devenons (notre enfant intérieur).

Je peux voir qu’à cet âge, j’ai été comme une éponge et j’absorbais tout. J’absorbais et enregistrais dans ma psyché les principes, les valeurs et autres que je voyais, que j’entendais des personnes dans mon entourage et qui étaient significatives à mes yeux.
À cet âge, je n’avais pas encore la maturité nécessaire pour analyser les situations. Mon cerveau n’était pas encore complètement formé et, comme une éponge, j’ai tout pris au premier niveau. Comme les enfants le font, j’ai tout absorbé, enregistré, imprimé : les gestes, les mots, les silences… les valeurs, les peurs, les façons d’aimer ou de se protéger. Il m’était impossible, à ce stade de ma vie, de rationaliser, de comprendre, d’avoir du discernement.

J’ai construit mon monde intérieur à partir de ce que j’ai vu, de ce que j’ai entendu, de ce que j’ai ressenti auprès des personnes significatives.
Puis, plus tard… cela s’est manifesté. Dans mes façons d’être, dans mes réactions, dans mes relations.

Mon père me parlait peu. J’ai donc été, moi aussi, plutôt silencieux. Loquace pour les choses techniques, matérielles, du mental… mais tout comme lui, silencieux pour les choses du cœur.

Combien de fois entendons-nous :
« Il est comme son père »
« Elle pense comme sa mère »
« Ils sont tous pareils dans cette famille »
ou encore : « La pomme ne tombe jamais loin de l’arbre »

Ce n’est pas un hasard. Les schémas se répètent. Les dynamiques se transmettent, toujours inconsciemment. Et si l’on considère que la grande majorité des familles portent, à différents degrés, leurs propres déséquilibres… alors ces patterns continuent de se reproduire, génération après génération.

Heureusement ! À travers cette réalité, maintenant il existe une possibilité.
Celle de prendre conscience, celle de voir, celle de choisir autrement.

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Le thème : « Famille dysfonctionnelle c’est quoi ?»
Aujourd’hui, mon cœur vacillait entre l’insécurité affective/dépendance affective, la dyade ou les familles dysfonctionnelles.  Suite à un lunch que j’ai eu vendredi dernier avec un vieil ami, où la conversation portait sur l’origine des familles dysfonctionnelles et leurs traumas, j’ai choisi d’aborder aujourd’hui le thème des familles dysfonctionnelles… et je reviendrai sur les traumas prochainement.

Selon John Bradshaw (1933-2016), l’un des pionniers majeurs lorsqu’on parle de familles dysfonctionnelles et de l’enfant intérieur ainsi que Murray Bowen, Salvador Minuchin, Virginia Satir, John Bowlby et Gabor Maté, qui ont eux aussi grandement contribué à cette compréhension. Les dynamiques familiales jouent un rôle central dans la construction de l’individu.

John Bradshaw nous explique que les familles dysfonctionnelles produisent des individus dysfonctionnels, qui se marient avec d’autres individus dysfonctionnels… et qui fondent à leur tour d’autres familles dysfonctionnelles.
Autrement dit, nous ne nous retrouvons pas dans une famille dysfonctionnelle par hasard.

Ce que cela nous invite à voir, c’est que si nos parents étaient dysfonctionnels, il est fort probable que nous portions nous aussi certaines formes de dysfonctionnalité.
Je ne dis pas cela pour vous faire sentir mal…mais pour vous inviter à voir une réalité.

Car bien souvent, lorsque nous sommes dysfonctionnels, nous ne le savons pas. Nous ne pouvons pas le savoir, parce que la majorité de notre entourage fonctionne de la même manière : nos parents, nos grands-parents, nos oncles, nos tantes, nos cousins, nos cousines

Je sais que cette affirmation peut paraître dure à première lecture.
Mais je vous rappelle que, comme dans toute chose, tout n’est ni blanc ni noir. Il existe une infinité de nuances de gris. Le niveau de dysfonctionalité varie d’une personne à l’autre, d’une famille à l’autre.

Pour mieux identifier si je viens d’une famille dysfonctionnelle, il est souvent aidant de commencer par comprendre ce qu’est une famille fonctionnelle.

En découvrant les caractéristiques d’un fonctionnement sain, il devient alors plus facile d’observer, de nommer et d’identifier les manques, les défaillances ou les carences que je peux reconnaître dans ma propre famille d’origine lors de mon enfance.

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Dans une famille fonctionnelle...

  • La communication est ouverte.
  • Il y a place pour exprimer ses sentiments.
  • Les règles sont claires et explicites.
  • L'individu est respecté dans sa différence.
  • On respecte la liberté de chacun.
  • L'échelle des valeurs est constante.
  • Il y a ouverture d'esprit.
  • On crée de nouvelles traditions.
  • L'atmosphère est agréable et détendue.
  • Les gens sont davantage en santé.
  • L'amour et la confiance règnent.
  • On encourage l'autonomie et l'épanouissement.
  • Place pour l’expression d’affection et de tendresse.
  • Place à la reconnaissance.
  • On prend le temps d’écouter.
  • Sentiment de confiance et d’ouverture

Dans une famille dysfonctionnelle...

  • Il y a peu ou pas de communication.
  • Les sentiments sont refoulés.
  • Les attentes restent secrètes.
  • Les relations sont embrouillées.
  • Il y a de la manipulation et du contrôle.
  • L'échelle des valeurs varie.
  • Les attitudes sont rigides.
  • On s'accroche aux vieilles traditions.
  • L'atmosphère est tendue.
  • Les maladies chroniques sont fréquentes.
  • Il y a de la jalousie et des soupçons.
  • On établit des relations de dépendance.
  • Peu ou pas de place pour l’affection, la tendresse.
  • Peu ou pas de place pour la reconnaissance.
  • Peu ou pas de place pour l’acceptation de la différence.
  • Peu ou pas de place pour l’écoute.
  • Peu ou pas de place pour le respect.
  • Sentiment de peur et d’insécurité.

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Bonne semaine, bonne réflexion…

P.S. Aujourd’hui :1372 mots.

Pensée :Celui qui parle ne sais pas..
               Celui qui sait n’a pas besoin de parler…

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