Infolettre novembre 2020 

Mot du comité de coordination 

Le gouvernement Legault vient d’adopter son Plan pour une économie verte. La stratégie repose principalement sur l’aide à l’achat de voitures et d’autobus scolaires électriques. Aucune règlementation n’est prévue pour éliminer les pratiques énergivores et polluantes. Dans l’imaginaire du chef caquiste, l’homo sapiens est essentiellement un consommateur et l’univers est un centre d’achat. Est-ce que les mesures adoptées par Québec permettront d’atteindre les cibles déjà insuffisantes pour lutter efficacement contre le réchauffement climatique ? La réponse est non. Mais le premier ministre mise sur la technologie future pour régler les problèmes du chaos annoncé. Comme chacun sait, les Ninjas triomphent toujours.

Legault démontre tout le sérieux (sic) de son désir d’éliminer les énergies polluantes en vantant le projet GNL Québec. Qu’importe si ce projet repose sur des fausses présomptions, qu’il soit non viable sur le plan économique, qu’il provoque le déclin de la vitalité du tourisme de la région et la disparition d’espèces menacées comme le béluga; qu’importe si GNL Québec annule en une seule année tous les efforts de réduction de gaz à effet de serre du Québec depuis 1990. Pour le premier ministre Legault, l’autoroute du gaz est une voie sacrée.

On pouvait apprendre tout récemment qu’Hydro Québec travaille étroitement avec Énergir afin de développer la biénergie (hydro électricité – gaz) dans les bâtiments. Sortir le pétrole des voitures par la porte d’en avant pour entrer le chauffage au gaz par la porte d’en arrière, telle est la mathématique à laquelle s’emploie le gouvernement. Le résultat annoncé pour limiter les GES est évidemment nul. Surtout que le gaz obtenu par fracturation distribué au Québec a un pouvoir de réchauffement global équivalent, sinon pire, que celui du charbon.

Lors des audiences du BAPE sur Énergie Saguenay, le biophysicien Marc Brullemans* a mis en évidence les véritables raisons qui justifient cet élan vers le gaz de la part de nos gouvernements : avec la baisse du prix du pétrole, l’industrie des sables bitumineux est en déclin. Or, l’extraction du pétrole des sables consomme énormément de gaz, ce même gaz qui ne trouve plus aujourd’hui son débouché habituel et qu’on veut vendre à rabais aux québécois et au monde entier.

Contrairement à l’image du bon père de famille nationaliste que François Legault semble réussir à donner aux citoyennes et citoyens, la politique de la CAQ est en continuité avec celle des libéraux de Philippe Couillard : aucun souci environnemental, aucune préoccupation sérieuse de préservation des conditions essentielles à la vie, aucune vision d’une transition porteuse de vitalité économique et sociale. Les sacro saints intérêts du capital «Canadian» sont toujours au menu pour un avenir indigeste.

Comme le premier ministre Trudeau, qui se dit champion de la transition verte mais autorise des forages sans études environnementales dans les grands bancs de Terre-Neuve, le gouvernement Legault cultive le double discours et le déni des crises climatiques et environnementales.

Mais une conscience citoyenne se développe. Nous avons été près de 3000 à soumettre un mémoire au BAPE sur Énergie Saguenay. Le Front commun pour la transition énergétique a publié sa propre feuille de route citoyenne, version 2.0, pour un Québec zéro émission nette, beaucoup plus intéressante que celle du gouvernement (voir plus bas). 

La présence des jeunes est une source d’espoir. Plus que jamais notre vigilance est nécessaire. Quand une population se met en marche, les issues se découvrent. On lâche rien !

* Séance du 2 novembre, 13h, présentations de Lucie Sauvé et Marc Brullemans à partir de 2:19:24

Les nouvelles du RVHQ  

S'assembler pour sortir des énergies sales 


Le 13 septembre dernier à Saint-Cuthbert, Les amis de la Chicot accueillaient avec chaleur l’assemblée générale du Regroupement vigilance hydrocarbures Québec, le plus grand réseau citoyen ayant à cœur de sortir le Québec de sa dépendance aux énergies sales.

Nous vivons une époque décisive. La science est formelle : l’humanité doit se sevrer d’ici vingt ans des énergies fossiles pour éviter l’effondrement de nos écosystèmes et de nos milieux de vie. Une menace terrifiante qui appelle un remède sans précédent.

Devant l’ampleur du défi, le désespoir guette. Se rassembler nous donne la force d’affronter et d’agir. C’est ce que font nos groupes citoyens, comme Les Amis de la Chicot. En retour, les mêmes groupes locaux sentent le besoin de s’unir à plus grande échelle pour mener des batailles qui dépassent largement nos frontières.

C’est la raison d’être du Regroupement vigilance hydrocarbures Québec (RVHQ). Mouvement de mobilisation citoyenne sans précédent dans l’histoire du Québec, le RVHQ est né il y a dix ans de la lutte contre l’extraction du gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent. Le RVHQ est aujourd’hui le plus important mouvement citoyen engagé dans le dossier des hydrocarbures au Québec. Il fédère un grand nombre de comités membres disséminés sur le territoire québécois, de la Montérégie au sud à l’Abitibi au nord, des îles de La Madeleine à l’est, jusqu’à Gatineau à l’ouest.

Les Amis de la Chicot et le RVHQ ont accueilli à l’occasion de cette assemblée Yves-Marie Abraham (à gauche), professeur à HEC Montréal, et l’auteure Ariane Cordeau. M. Abraham a donné une conférence sur le thème de la décroissance, avec un accent particulier sur la question énergétique et la nécessaire transition au-delà des énergies fossiles. Mme Cordeau a présenté quant à elle son dernier roman « Personne ne meurt » et les motivations derrière son portrait romanesque mais néanmoins réaliste de la lutte citoyenne contre le projet de l’oléoduc Énergie-Est.

De l’inspiration et du souffle, il en faudra pour la lutte annoncée contre le plus vaste projet industriel de l’histoire du Québec, au cœur des préoccupations discutées à l’école Sainte-Anne.

Tenue dans le contexte difficile que nous connaissons, avec l’aide de toutes les précautions recommandées — masques, désinfection, distanciation — et l’assistance d’outils modernes de téléconférence, l’assemblée du RVHQ a permis d’approfondir différents aspects du dossier de GNL-Québec et son projet Énergie Saguenay.

L’entreprise GNL-Québec, malgré son nom, est un projet de fonds d’investissement privés américains cherchant à exporter le gaz de schiste de l’Ouest canadien. On prétend vouloir construire un pipeline gazier long de 750 kilomètres de l’Abitibi au Saguenay. Là, un projet d’usine appelé Énergie Saguenay liquéfierait le gaz pour le transborder sur des méthaniers aussi démesurés que potentiellement dévastateurs qui sillonneraient les eaux du Saguenay et du fleuve Saint-Laurent en quête de marchés étrangers

Divers porte-parole et experts citoyens, dont Benoît-Robin Lessard du groupe Citoyen du Saguenay (Anse Saint-Jean), Rodrigue Turgeon du groupe Gazoduq, parlons-en en Abitibi et Adrien Guibert-Barthez de la Coalition Fjord ont fait le point sur plusieurs dimensions inquiétantes du mégaprojet et les opérations de manipulation auxquelles s’adonnent ses promoteurs auprès de petites municipalités.

À l’heure où le Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE) se penche justement sur le projet Énergie Saguenay de GNL-Québec, l’assemblée de Saint-Cuthbert aura permis de consolider encore davantage l’unité et la détermination des forces citoyennes à contrer ces nouveaux projets de recherche, de production, de stockage et de transport des hydrocarbures.

La prochaine assemblée générale du RVHQ aura lieu le 29 novembre prochain sur Zoom. Les détails de la convocation ont été transmis par courriel à nos membres. 

Lors de cette assemblée, les comités membres auront à se prononcer sur la demande d’adhésion de la Coalition Fjord. Cette organisation citoyenne qui lutte depuis deux ans contre le projet GNL Québec démontre sans l’ombre d’un doute que son action correspond à la mission du RVHQ. Le comité de coordination recommandera à l’assemblée générale de voter en faveur de l’adhésion de la Coalition Fjord.

Parmi les autres thèmes, notons la poursuite de la lutte contre le projet GNL Québec et les relations avec les municipalités.

Mémoire du RVHQ sur Énergie-Saguenay 

Les audiences du BAPE sur le projet Énergie-Saguenay se sont déroulées du 26 octobre au 2 novembre dernier avec une participation record. Plus de 3,000 mémoires ont été déposés dans un climat de forte opposition. La pétition contre GNL-Québec qui dépasse les 90 000 signatures montre clairement qu'il n'y a pas d'acceptabilité sociale.

Le RVHQ a participé à la consultation publique, le mardi 27 octobre en soirée, en webdiffusion, alors que nos portes-paroles, Louise Morand et Jacques Tétrault ont présenté notre mémoire. Nos groupes membres, adhérent·e·s et sympathisant·e·s  n'ont d'ailleurs pas été en reste, avec un nombre record d'interventions (voir plus bas).

Le projet GNL Québec, composé d’un gazoduc et d’une usine de liquéfaction du gaz naturel, vise à permettre l’exportation de gaz dit «naturel»* produit dans l’Ouest canadien vers des marchés internationaux. Ce gaz, obtenu majoritairement par fracturation hydraulique, a un impact environnemental énorme, que ce soit au lieu d’exploitation sur l’eau, le sol et le sous-sol, ou globalement par les émissions de gaz à effets de serre (GES) qui seront émis tout du long de la chaîne d’extraction, transport et consommation de ce gaz. L’usine du Saguenay n’a qu’une fonction, liquéfier le gaz naturel pour le transporter par méthanier en passant par le fjord du Saguenay, habitat du béluga, et le Saint-Laurent avant de traverser l’océan.

Utiliser de l’énergie propre, l’hydroélectricité, pour exporter de l’énergie sale, est un non-sens et est dénoncée par toutes les personnes reliées au RVHQ et qui se sont prononcées par mémoires déposés au BAPE. 

* Monique Rondeau, dans son mémoire au BAPE offre ceci : « ne conviendrait-il pas mieux d’appeler ce produit 'Gaz NOn Conventionnel Issu de la Fracturation', ce qui donne Gaz NOCIF?»

Lire le bilan

Les nouvelles des régions 

Une foison de mémoires déposés au BAPE

La pandémie n'a pas réduit les ardeurs de nos comités membres, adhérents et sympatisants. Pas moins d'une vingtaine de mémoires ont été déposés par nos groupes et membres dans le cadre des audiences du BAPE sur Énergie-Saguenay qui se sont déroulées du 26 octobre au 2 novembre 2020. Le RVHQ avait d'ailleurs mis à leur disposition une trousse pour favoriser leur contribution. 

Bravo à toutes et tous ! En espérant que notre voix sera entendue !

Nous vous invitons à lire ces mémoires, fruits du travail de recherche et d’analyse de citoyens préoccupés de l’avenir de la planète. Nous sommes certains que ces textes pourront vous permettre de mieux comprendre les enjeux entourant ce projet. Bonne lecture !

Lire les mémoires 

Consultation sur les options d'approvisionnement aux Îles-de-la-Madeleine

L'AMSÉE s'est prononcé en faveur du raccordement des Îles-de-la-Madeleine par câble sous-marin lors de la consultation d'Hydro-Québec sur les options d'approvisionnement, qui se déroule du 22 octobre au 22 novembre.

L’Association madelinienne pour la sécurité énergétique et environnementale rappelle que le projet de raccordement ne doit toutefois pas retarder le remplacement progressif du mazout dès maintenant. Elle réclame ainsi un plus grand soutien aux initiatives vertes telles que l'économie d’énergie à la source, les installations solaires institutionnelles et résidentielles, le stockage, la récupération de chaleur, les thermopompes, l'intégration progressive de combustible carboneutre à la centrale ainsi que dans les unités de chauffage.

Lire l'infolettre 

Marche Vert une transition juste 

Plusieurs militants de Mobilisation Climat Trois-Rivières ont participé à la marche Vert une transition juste, le 25 septembre dernier, pour demander au gouvernement de s’engager dans une relance verte de l’économie et pour dénoncer le projet GNL Québec au Saguenay.

Une génération contre GNL

Baptiste Delas, militant du Comité vigilance hydrocarbures Trois-Rivières a publié une lettre ouverte qui a fait sensation sur les médias sociaux. Baptiste qui est également responsable de la mobilisation et de l'organisation au RVHQ, nous transmet  le cri du coeur de la jeune génération face à l'incohérence du projet GNL Québec. 

Lire la lettre ouverte 

Transport interrégionnal : une pétition 

Un collectif de groupes régionaux vient de lancer une pétition pour une offre de service de transport interrégional québécois durable. 

Dans une lettre ouverte, ces groupes, dont plusieurs de nos comités membres, demandent au gouvernement de faire preuve de leadership en garantissant des services à l’écoute des citoyens et de l’environnement.

« Nous avons besoin de transport interrégional efficace et équitable, tout en limitant l’étalement urbain. Les régions ont déjà des idées pour y parvenir. Malheureusement, le financement n’est pas toujours au rendez-vous. Il faut utiliser les infrastructures actuelles sans les étendre à outrance et mieux repenser nos transports interrégionaux avec des véhicules de plus petites tailles pour les rendre plus flexibles tant au niveau de l’horaire que des trajets. Aujourd’hui, nous, parents, travailleurs, retraités, patients et citoyens engagés, demandons la mise en place d’une offre de transport interrégional durable et verte. »

Signez la pétition 

Le MEAC à l'inauguration du REV 

Les membres du MEAC (Mobilisation Environnement Ahuntsic-Cartierville) ont participé en grand nombre à l'inauguration du REV, le 7 novembre dernier. Ce Réseau express vélo est un projet de voies cyclables de 184 km qui sera réparti sur l’ensemble du territoire de l’île de Montréal. Il comptera 17 axes accessibles 12 mois par année.

L’objectif est que d’ici 10 ans, le vélo représente 15% des déplacements à Montréal. Actuellement le vélo ne représente environ que 3% des déplacements dans la ville.

À titre de comparaison dans la ville d’Amsterdam, ce sont presque 50% des déplacements qui utilisent ce mode de transport. Mais ce n’était pas comme cela dans un passé pas si éloigné. Les crises du pétrole de 1973 et 1979 ont modifié les choses et permis que le vélo prenne beaucoup de place. Doit-on attendre une crise à Montréal pour agir ?

Selon le service de police de la ville, c’est presque 3000 personnes qui ont participé à cet événement. Des jeunes, des moins jeunes, des 2 roues, 3 roues, ou une roue, toutes et tous se sont donnés rendez-vous près de la rivière des Prairies et ont emprunté la piste qui traverse la ville du Nord au Sud le long de la rue Saint-Denis.

Analyse  

L'hydrogène : nouveau mythe en couleur ?  

M. Bruno Detuncq, professeur à la retraite de l’École Polytechnique de Montréal et membre du RVHQ, dénonce le projet du gouvernement fédéral de développer la filière de l’hydrogène et d’offrir une porte détournée à l’exploitation des sables bitumineux de l’Ouest, et ce, sans tenir compte des effets néfastes sur l’environnement.  

Lire l'analyse 

 

Avez-vous votre guide ?

Notre guide citoyen sur les changements climatiques connait beaucoup de succès. Réalisé par une équipe de bénévoles dont plusieurs membres du RVHQ, ce guide pratique permet aux lecteurs de mieux comprendre l’impact de leurs activités sur le climat et d’agir en conséquence pour réduire leurs gaz à effet de serre. Un échantillon de ce guide est en ligne sur le site web du RVHQ. 

Commandez votre copie en ligne 

Pour en savoir plus

Actualité 

Lancement de la version 2.0 d'un Québec ZéN 

Au terme d'une année de travail, la Feuille de route pour la transition du Québec vers la carboneutralité, version 2.0, a été officiellement adoptée et lancée.

Fruit d'un travail collosal au sein du Front commun pour la transition énergétique, le document de 124 pages est une contribution incontournable de la société civile à la réflexion sur la prise en charge collective de la crise climatique.

La coconstruction de la Feuille de route, à partir d’un document de travail publié en septembre 2019 (la version 1.0), est la première étape d’un important projet de dialogue social intitulé «Québec ZéN» (zéro émission nette). Les consensus que l’exercice a permis d’établir serviront d’ancrage à la phase 2, «Collectivités ZéN», qui vise à encourager une multiplication des démarches de transition juste vers la carboneutralité dans les diverses régions du Québec.

Le vrai travail commence ! Au cours des prochains mois, plusieurs groupes tenteront de rallier les acteurs-clés de tous les secteurs présents dans leurs milieux respectifs autour d’un projet de Collectivité ZéN.

Pour lire la nouvelle version 

Un immense BRAVO à tous les contributeurs et contributrices !

Votre don nous aidera à faire résonner la voix citoyenne en cette période où se prennent des décisions qui engageront le Québec, le Canada et la planète pour de nombreuses décennies.

Faire un don au RVHQ

Merci à tous nos donateurs, collaborateurs et collaboratrices !

Vous recevez cette Infolettre parce que vous vous êtes inscrit auprès de nous pour la recevoir. Nous espérons que vous en apprécierez la lecture. 

Notre adresse courriel : info.rvhq@gmail.com

Inscription à l'infolettre
 

Copyright © 2019 - RVHQ, Tous droits réservés.