Sujet:  Infolettre # 7-22 mars 2026

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Aujourd’hui, le sujet : « Les relations homme/femme »

Volet personnel : Il y a des moments dans une vie qui ne font pas de bruit… mais qui changent tout. Pour moi, ce moment est arrivé à la naissance de mon fils, Martin. Comme je le disais dans la dernière infolettre, c’est à la suite de sa naissance que j’ai eu ma première vraie prise de conscience.

À cette époque, j’étais un homme de foi. Un catholique croyant, pratiquant, engagé. Je ne remettais jamais en question. J’étais docile, comme on me l’avait appris. Sans le savoir, je marchais sur des rails invisibles. Des phrases héritées, intégrées, jamais questionnées, comme : « Il faut… », « Tu dois… »,  « C’est comme ça… ». De plus, je croyais penser librement. Mais en réalité, je pensais à l’intérieur d’un cadre que je n’avais jamais choisi.

Puis un jour, un événement a fissuré ce mur. Le curé de la paroisse est venu à la maison pour préparer le baptême de Martin. C’était normal à l’époque : un rituel, une tradition… une évidence. La rencontre s’est déroulée comme prévu : questions, réponses… tout était en place. Puis, presque à la fin, une question m’est montée à l’esprit, simplement, innocemment.

Je lui ai demandé : « Pourquoi baptise-t-on les nouveaux-nés ? »

Sa réponse a été rapide, assurée, sans hésitation : Il parlait calmement, comme si cela allait de soi.

Le baptême est un sacrement et sert à effacer la tache originelle que le bébé porte à sa naissance, à la suite de sa conception par l'acte sexuel.

En moi… tout s’est arrêté. Je vous jure que, dans ma tête, ça a explosé. Les fils se sont touchés et ça disait : « Mais il est fou ce (&$C%?Ta&), il est en train de me dire que mon enfant, beau comme un ange, les yeux bleus, les cheveux blonds, est déjà porteur d’un péché qui n’est même pas le sien, mais celui de ses parents. »

À cet instant précis, quelque chose s’est brisé en moi! Pas dans un éclat de colère, pas dans une révolte, mais dans un silence intérieur, un basculement. Pour la première fois, je ne pouvais plus croire sans questionner.

Quelques dimanches par la suite, je suis retourné à la messe. Mais je n’étais plus le même. J’écoutais… différemment. Et ce que j’entendais ne résonnait plus, ce qui, autrefois, était vérité devenait incohérent.

Puis, un jour, intérieurement, j’ai dit : « Plus jamais. » Ce n’était pas une rupture spectaculaire, c’était une sortie tranquille… mais définitive. Avec le recul, je comprends aujourd’hui que cet événement a marqué ma première vraie rencontre avec ce que j’appellerais plus tard… les biais cognitifs.

Ces croyances invisibles qui façonnent mes perceptions, mes réactions, mes relations. Des croyances que j’ai héritées… sans le savoir, que j’ai répétées… sans les remettre en question. Je venais d’avoir ma première fissure dans le mur de ma foi judéo-chrétienne. Ce n’était pas encore une révolte, juste un doute.

Mais ce doute est devenu, avec le temps, le premier souffle de ma liberté intérieure… et a façonné le reste de ma vie. Avec les années, j’ai compris que ces mêmes croyances, ces mêmes biais invisibles, n’influencent pas seulement mon rapport à la religion… Ils façonnent aussi profondément mes relations, mes attentes envers l’autre, mes réactions, mes blessures, mes conflits, mes relations amoureuses.

Longtemps j’ai cru aimer librement…Mais j’aimais à travers des filtres que je n’avais pas choisis et que je portais sans en être conscient, et tant que ces filtres restent invisibles, dans l’inconscient, ils sont comme des gardiens intérieurs de ma prison. C’est ce que nous allons explorer ensemble.

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Le thème : Relations homme/femme

Pour débuter, les femmes et les hommes n'ont pas les mêmes besoins émotionnels, et c'est souvent là que débutent les malentendus. L’attente inconsciente que l’autre pense comme moi.

Les femmes veulent être entendues, comprises, elles recherchent la sécurité, l’écoute et la connexion, tandis que les hommes, eux, veulent être valorisés. Ils recherchent le respect, la performance et la liberté.  Ça peut sembler proche… mais c'est très différent.

Lorsqu’une femme partage quelque chose qu’elle vit, l’homme a tendance à vouloir tout de suite trouver une ou des solutions rapidement, efficacement. Mais bien souvent, elle ne cherche pas une réponse. Elle cherche une présence, elle veut simplement être écoutée, entendue et reçue. Elle a besoin d’entendre: « Je te comprends, je suis là pour toi, j’ai confiance en toi. »

À l'inverse, quand un homme communique quelque chose qu’il a fait, qu’il a accompli, il ne veut pas forcément qu'on l’analyse. Il veut juste, un simple : « Bravo ! Tu as géré », il veut être reconnu pour son bon coup et ainsi nourrir profondément son besoin intérieur. Comprendre cette différence peut changer la façon de communiquer et éviter des malentendus.

En couple ou entre amis, femmes et hommes n'ont pas les mêmes besoins émotionnels. Ils ne parlent pas le même langage. Ils utilisent les mêmes mots…mais avec des significations différentes, et trop souvent, avec des charges émotionnelles totalement opposées.

J'aime bien la théorie de John Gray, que bien du monde connaît avec « Les hommes viennent de Mars et les femmes viennent de Vénus ». Mais aujourd’hui, je me reconnais davantage dans l’approche d’Yvon Dallaire psychologue québécois. Sa métaphore est simple… mais profondément juste.

Dans son livre « Chéri, parle-moi… », il propose une image très parlante : « Les femmes parlent, pensent et agissent comme des Chinoises et partent du principe que l’homme est Chinois. Or, l’homme parle, pense et agit comme un Japonais et est convaincu que sa femme est Japonaise. Tous les deux croient, à tort, parler le même langage, penser de la même façon et agir selon les mêmes motivations. Mais c’est faux. »

Les femmes parlent chinois. Les hommes parlent japonais.

Et c’est de là que naît une grande partie des incompréhensions. On croit se comprendre…mais on ne parle tout simplement pas la même langue émotionnelle.

Une autre subtilité dans les communications :  Tous les dictionnaires français-espagnol vous diront que le mot « mañana » signifie demain. Lorsqu’un hispanophone remet à « mañana » un rendez-vous ou une activité quelconque, le francophone s’attend effectivement à ce que le rendez-vous ou l’activité se fasse le lendemain.

D’où sa frustration, le lendemain, lorsque l’Espagnol lui dit à nouveau «mañana». Le Français en arrive à croire que l’Espagnol est de mauvaise foi et que l’on ne peut pas se fier à sa parole.

Sauf que les Espagnols et les Français ne possèdent pas tout à fait la même définition du mot « mañana ». Pour l’Espagnol, le mot « mañana » ne veut pas dire demain, mais plutôt « pas maintenant », « plus tard ».

C'est aussi ce que font les hommes et les femmes dans leur communication : ils utilisent les mêmes mots, mais leur donnent des significations différentes et, avec, des connotations émotives différentes. »

  • Alors, on se parle…mais on ne se comprend pas.
  • On s’explique…mais on ne se rejoint pas.
  • Et parfois, on finit même par se blesser…sans jamais l’avoir voulu.

Pour l’homme, communiquer, c’est échanger, transmettre de l’information, il s’attend à des conversations rapides et superficielles (non émotionnelles), qui lui permettent d’échanger des informations pratiques et utiles. L’homme aime rarement « parler pour parler ».

Pour la femme, cela signifie partage, intimité et plaisir, elle s’attend à retirer de ses conversations un important soutien émotionnel, dans la mesure où elle tente de se comprendre et de comprendre l’autre.

Aucun des deux n’a tort. Ils sont simplement… différents. Et ces différences entre hommes et femmes existent depuis toujours. Ce n’est pas un problème à corriger…mais une réalité à comprendre, à accueillir. Nous sommes égaux…et profondément différents. Comme le Yin et le Yang. Complémentaires.

Aujourd’hui grâce à ma formation au CRAM j’ai appris à « comprendre et parler le chinois », je n'oublie jamais qu'au fond de moi, je reste « japonais ». Je pense, je ressens, je réagis avec une structure masculine. Mais aujourd’hui, je peux entendre…comprendre…accueillir avec un meilleur d'équilibre.

Ce que je constate aussi dans ma pratique, c'est lorsque j’accompagne des couples, je vois deux personnes sincères… qui veulent s’aimer…mais qui ne parlent tout simplement pas la même langue émotionnelle et surtout qui n’ont pas les mêmes blessures.

L’enseignement que j’en retiens

Ce ne sont pas mes différences qui créent les conflits… Ce sont mes interprétations de ces différences.

  • Je crois que l’autre devrait penser comme moi.
  • Réagir comme moi.
  • Aimer comme moi.

Mais aimer…ce n’est pas le comprendre à travers moi. C’est apprendre à rencontrer l'autre… là où il est.

Tant que je reste enfermé dans mes filtres invisibles, mes biais, mes croyances, mes attentes je risque de transformer l’amour en incompréhension.  Mais dès que je deviens conscient…Alors, une porte s’ouvre.

Une porte vers une relation plus consciente. Plus respectueuse. Plus vivante.

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Pensée : Je préfère ajuster ma vie à ton absence. Plutôt que d'ajuster mes limites à ton manque de respect.

Bonne semaine, bonne suite, bonne réflexion…

P.S. Aujourd’hui : 1555 mots.

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