Ce que montrent les volumes sur pied et la croissance forestière
Conférence de Patrick Cartier, ing.f. à la FPFQ, lors de l'AGA du SPFRQ.
La question revient souvent, tant chez les producteurs forestiers que chez les partenaires du secteur : la forêt privée du territoire du SPFRQ est‑elle encore aujourd’hui en mesure de fournir du bois, et le sera-t-elle demain? Derrière cette interrogation légitime se cachent plusieurs idées reçues — parfois alarmistes — qui méritent d’être confrontées aux faits.
À partir des plus récentes données d’inventaire et d’analyses réalisées en forêt privée, la conférence proposée vise à brosser un portrait clair, chiffré et nuancé de l’état de la ressource forestière, en mettant l’accent sur deux indicateurs clés : les volumes de bois sur pied et la croissance forestière.
Une forêt plus dynamique qu’on ne le croit
Contrairement à l’image d’une forêt figée ou en déclin, la forêt est un milieu en perpétuelle évolution. Chaque année, trois forces agissent simultanément :
- la croissance des arbres survivants;
- le recrutement de nouveaux arbres qui atteignent au moins 9,1 cm de diamètre à hauteur de poitrine (DHP, mesuré à 1,3 mètre du sol) ;
- la mortalité, naturelle ou liée aux perturbations.
C’est l’équilibre entre ces forces qui détermine l’accroissement net de la forêt. Les résultats et les tendances seront présentés durant la conférence.
Des volumes sur pied en forte hausse
Les résultats du plus récent inventaire écoforestier sont sans équivoque : le volume de bois sur pied en forêt privée a augmenté de 21 % depuis le dernier inventaire, poursuivant une tendance à la hausse observée depuis plus de 50 ans. Cette accumulation de bois s’explique notamment par :
- un niveau de récolte généralement inférieur à la croissance,
- l’augmentation des superficies boisées par la déprise agricole,
- la maturité croissante des plantations établies depuis les années 1980 et 1990.
Autrement dit, la forêt privée a accumulé du capital forestier, ce qui se reflète directement dans les volumes disponibles.
Une possibilité forestière en progression… mais encore sous‑utilisée
La hausse des volumes entraîne une augmentation de la possibilité forestière, mais, comme une part importante de ce potentiel n’est pas récoltée, les volumes sur pied continuent de s’accumuler, avec des effets possibles, tels qu’un ralentissement de la croissance, un vieillissement des peuplements, des pertes par mortalité et une vulnérabilité accrue aux insectes et aux maladies.
L’objectif n’est pas de promouvoir une intensification aveugle de la récolte, mais bien de montrer que la forêt privée dispose des volumes de bois permettant une marge de manœuvre réelle. Il est tout à fait possible de concilier récolte, mise en valeur et durabilité de la ressource, à condition de s’appuyer sur une compréhension fine de sa croissance, de son état actuel et des saines pratiques d’aménagement forestier.
[i] https://www.foretprivee.ca/infolettre/hausse-de-la-possibilite-forestiere-en-foret-privee/
[i] https://www.laterre.ca/productions/forets/la-croissance-dune-foret-trois-forces-en-action/
Présentation possibilité forestière