Dimanche le 13 mars 2022 - Les habitants silencieux du Mont-Kaaikop s’adressent au Ministre de l’environnement Monsieur Benoit Charette.
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Tanière de Boris
Mont-Kaaikop, Sainte-Lucie-des-Laurentides
Bonjour Monsieur le ministre de notre environnement.
Je suis Boris, le vieil ours du Mont-Kaaikop. Je suis présentement bien au chaud dans ma tanière, accompagné de mes fidèles amis Bella la renarde, espiègle, mais sage et de son ami Julien, le lièvre curieux et discret. Amitié étrange entre ces deux, mais vraie et nécessaire en ce grave moment pour nous les habitants silencieux du Mont-Kaaikop.
Si vous nous lisez présentement, c’est que Béatrice, notre amie la chouette, a réussi son long vol de nuit de près de 300 km afin de vous livrer notre cri du cœur.
Nous ne comprenons pas que notre survie repose entre les mains du ministère (MFFP) qui a comme principal activité de dégrader notre habitat à l’avantage des faiseurs d’argent. C’est pourquoi nous fondons nos espoirs en vous le protecteur des écosystèmes et de la biodiversité, bref, du Vivant! Et ce Vivant, ce sont les champignons, les bactéries, les végétaux, la faune et, il ne faut pas l’oublier, …vous les humains.
Il y a grand péril pour notre survie. Là où nous demeurons au sud du Québec, c’est propice et riche, très riche en biodiversité. Mais voilà que tout notre habitat naturel se morcelle, s’appauvrit et se déconnecte pour des motifs monétaires.
C’est grave Monsieur le protecteur de l’environnement! Pour survivre, ça nous prend des territoires riches en biodiversité déjà présente, que l’on doit protéger et surtout interconnecter entre eux, afin d’assurer notre circulation, notre garde-manger et notre habitat pour nous reproduire et foisonner.
Localement, nous misons beaucoup sur nos amis humains de la Coalition pour la préservation du Mont-Kaaikop. Imaginez, ils militent très fort, depuis bientôt 10 ans, pour préserver notre territoire de 40km2. Ils sont tenaces et rigoureux. Parait-il qu’ils ont documenté scientifiquement les enjeux environnementaux, sociaux et économiques de notre territoire. 100 000$ d’études. Ça doit être énorme 100 000$! Et on dit que d’importants projets de recherche sur les vieilles forêts sont en cours et se dérouleront jusqu’en 2024 sur notre territoire qui est propice à cet effet.
Parlant de notre territoire, nous on le connaît comme le fond de notre fourrure. Il est en altitude (838m), quasi aussi haut que le Mont-Tremblant, là où demeure notre cousin Yogi le gaffeur. Notre territoire regorge de vieilles forêts naturelles que les humains ont su protéger à ce jour. C’est une rareté au sud du Québec une forêt de cette altitude recelant des forêts denses, vieilles (sur le massif : 95% + de 70 ans et 40% + de 90 ans) et en santé.
Nous partageons la vision de la Coalition pour la protection de notre territoire : des zones distinctes dédiées pour l’amusement des humains (récréotourisme), pour la recherche, pour les secteurs des vieilles forêts et, hourra, pour nous la Faune!
Nous ne comprenons pas pourquoi le ministère coupeur d’arbres n’a jamais voulu vous transférer notre territoire, afin que vous le protégiez, tel que demandé depuis 2013 par nos amis de la Coalition.
C’est pour cela que notre territoire est orphelin. Il ne se trouve pas dans la liste des 83 territoires à protéger au sud du Québec, territoires sacrifiés en décembre 2020 sous la pression du ministère coupeur d’arbres et, il va s’en dire, bien motivé par la gourmandise de ses précieux clients.
Notre cri du cœur Monsieur le protecteur de l’environnement, il est le suivant : nos amis de la Coalition vous offrent notre territoire sur un plateau d’argent (de bois dur pour nous). Les faits scientifiques documentés rigoureusement par la Coalition justifient sa protection.
Et en plus, nous sommes d’accord avec nos amis de la Coalition, que protéger notre territoire est un geste d’équité sociale de grande solidarité liant les époques. Ce geste s'inscrit dans une démarche de développement durable, en poursuivant ce legs intergénérationnel des biens et services socioécologiques que notre territoire de plusieurs milliers d’hectares a procuré à ce jour. Le devoir de nos amis de la Coalition est d'assurer cette continuité.
Au nom de tous les habitants silencieux du Mont-Kaaikop, je sollicite votre écoute bienveillante et je vous demande, sans grognement, de bien vouloir protéger notre habitat si riche de biodiversité et si important dans la lutte contre les changements climatiques et l’effondrement de la biodiversité.
Boris
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Le beau Boris au début de sa vie d'adulte
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Ensemble, poursuivons notre démarche collective de protéger le Mont-Kaaikop, endroit source qui donne vie à la biodiversité de la région et carrefour stratégique pour la circulation et le foisonnement de la biodiversité, entre les MRC des Laurentides et de la Matawinie.
Merci de soutenir financièrement la Coalition dans ce projet environnemental collectif!
Détails sur www.kaaikop.com