CAFÉ CARBONE

- Infolettre -

 
 

Chronique technique

Le bilan carbone de fermes laitières québécoises

Une étude collaborative menée par Agriclimat et l’Université Laval a permis d’analyser 62 fermes laitières québécoises pour comprendre les facteurs qui influencent les émissions de gaz à effet de serre (GES) et identifier les priorités d’atténuation.

Qu’est-ce qui fait varier les émissions de GES d’une entreprise à l’autre?

L’étude révèle que l’empreinte carbone moyenne des fermes participantes est de 1,06 kg éq. CO2 par kilogramme (kg) de lait corrigé pour la matière grasse et les protéines (LCGP).

Si les émissions varient d’une ferme à l’autre, certaines sources d’émissions le font beaucoup plus que d’autres :

  • Fermentation entérique : C’est le premier poste d’émission, mais aussi le plus stable entre les fermes, qu’on le calcule par vache par jour ou par kg de lait.
     
  • Production des aliments : C’est ici que la variabilité est la plus frappante. Les émissions peuvent être jusqu’à cinq fois plus élevées pour une ferme qui cultive sur des sols lourds en climat humide comparativement à des sols légers en climat sec (chose que l’on ne contrôle pas!). Les quantités d’aliments et d’intrants achetés influencent aussi grandement ce résultat.
     
  • Gestion des fumiers : La régie joue un rôle majeur. Une ferme effectuant de trois à quatre vidanges de fosse par année peut réduire les émissions liées à ce poste de moitié par rapport à une entreprise n’en effectuant que deux.

 

Le profil des fermes les plus performantes (lunette GES)


Il n’existe pas de modèle unique, mais les fermes affichant les émissions les plus faibles partagent souvent :

  • un rendement élevé par vache
  • une conversion alimentaire efficace 
  • une durée d’entreposage des fumiers plus courte

Fait à noter : Des systèmes basés sur une grande autonomie (peu d’achats d’intrants et d’aliments) peuvent aussi présenter des émissions inférieures à la moyenne, malgré un rendement par vache parfois plus faible.

 

Bilan carbone : pourquoi tenir compte du stockage de carbone des sols?

L’intégration de la dynamique du carbone des sols demeure un sujet de débat scientifique : certains experts soulignent la difficulté d’avoir des estimations précises, alors que d’autres considèrent que d’exclure d’une évaluation GES le carbone des sols ne donne qu’une vision partielle, notamment quand les sols permettent de compenser ou, au contraire, aggravent le bilan carbone.

Des résultats variables au champ

L’étude a pu analyser l’historique complet des analyses de sol des champs de 42 fermes.

​​​​​​​

Les constats révèlent une grande hétérogénéité :

  • En moyenne, les sols des 42 fermes affichent une légère perte de matière organique; certaines ont des taux en forte baisse alors que d’autres sont en augmentation.
     
  • Au sein d’une même entreprise, il est fréquent d’observer des dynamiques contraires entre certains champs.

L'effet sur le bilan carbone des entreprises

L’intégration du carbone des sols ne change pas la moyenne du groupe (1,06 kg éq. CO2/kg LCGP), mais elle modifie considérablement le classement des entreprises entre elles. Une ferme avec des émissions de GES élevées peut voir son bilan carbone s’améliorer grâce à une forte accumulation de carbone dans les sols, et inversement.

​​​​​​​
 

Un levier stratégique 

Bien que les méthodes de mesure doivent continuer de s’affiner, le rôle des sols comme levier climatique est indéniable.

À ce jour, la culture de plantes fourragères pérennes demeure le moyen le plus efficace pour augmenter le contenu en carbone d’un sol.

 

Projets inspirants 

Carbone forestier 

Les boisés compensent-t-ils
les émissions de gaz à effet de serre des exploitations agricoles?


Le CDAQ et la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique de l’Université Laval réalisent présentement un projet de recherche afin d’évaluer le potentiel de séquestration du carbone des boisés agricoles.

Dans ce cadre, le CDAQ invite les producteurs agricoles à répondre à un sondage d’une durée maximale de 10 minutes, qui permettra d’estimer la proportion d’entreprises agricoles qui possèdent un boisé au Québec et, le cas échéant, de documenter les pratiques d’aménagement forestier. Votre participation demeure volontaire et confidentielle.

📑Consultez la fiche projet pour obtenir plus d’information sur cette étude

 

Répondre au sondage

 

 

En collaboration avec le Centre d’expertise et de transfert en agriculture biologique et de proximité (CETAB+), le CDAQ offrira, au courant du mois de mars, une formation aux intervenants du secteur de la canneberge sur les changements climatiques. La formation permettra de mieux les outiller sur :

  • les changements climatiques anticipés au Québec et les pistes d’adaptation pour rendre les cannebergières plus résilientes;
  • les principaux postes d’émissions de gaz à effet de serre dans les fermes productrices de canneberges et les mesures pouvant être adoptées pour les réduire

*Cette formation est en voie d’accréditation par l’Ordre des agronomes du Québec.

📑Consultez la fiche de ce projet pour de plus amples détails

 

M'inscrire

​​​​​​​
 

Découvrez l’ingénieure de notre équipe

Elizabeth Côtes

Elizabeth a obtenu un baccalauréat en génie agroenvironnemental et détient ses titres professionnels d’ingénieure et d’agronome. Elle fait également une maîtrise en administration des affaires, avec une concentration en responsabilité sociale et environnementale des organisations.

Après un stage à l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA) dans le domaine de la fertilisation, elle a commencé sa carrière au ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, à la Direction de l’expertise en décarbonation et efficacité énergétique.

Depuis son arrivée au CDAQ, elle participe à la réalisation de nombreux projets, notamment le développement de la plateforme Agriclimat et de formations, telles que celles offertes dans le cadre du Laboratoire vivant – Lait carboneutre et de l’adaptation du secteur de la canneberge aux changements climatiques.

​​​​​​​
 

Actualités

C'est demain! Joignez-vous au webinaire d'Agrisolutions climat ce mercredi 4 mars 2026.

 

Présenté par Martin Chantigny, chercheur scientifique en science du sol chez Agriculture et Agroalimentaire Canada, ce webinaire gratuit propose une introduction aux inhibiteurs d’uréase et de nitrification.

Il s’adresse aux conseillers agricoles, aux producteurs ainsi qu’aux intervenants qui souhaitent mieux comprendre cette pratique, ses effets au champ et son potentiel pour optimiser l’utilisation de l’azote.

L’inscription est obligatoire pour participer. Vous n’êtes pas disponible? L’enregistrement sera prochainement publié sur le site Web.

Il est encore temps de vous inscrire! 👇
 

M'inscrire

 

Ce projet est financé par Agriculture et Agroalimentaire Canada dans le cadre du programme Solutions agricoles pour le climat.

​​​​​​​​​​​​​​
 

💡Une expérience à partager, une pratique inspirante à mettre de l’avant ou une question à soulever?

Vous pourriez collaborer à l’infolettre! Écrivez-nous à  info@cdaq.qc.ca.

 

Agriclimat est financé par le gouvernement du Québec dans le cadre d’Action-Climat Québec, un programme coordonné par le Fonds d’action québécois pour le développement durable et qui découle du Plan pour une économie verte 2030.