Un lieu chargé d’histoire
Établi au 26, rue Saint-Louis, au cœur du Vieux-Québec, le bâtiment abritant Le Continental est érigé vers 1844 pour l’avocat Jean-Thomas Taschereau. C'est d’ailleurs en ces murs que naît son fils, Louis-Alexandre Taschereau : il est, de 1920 à 1936, premier ministre du Québec. Aujourd’hui, l’immeuble revêt un important intérêt patrimonial, figurant au patrimoine immobilier du Québec, et a conservé une grande authenticité architecturale malgré sa transformation partielle pour un usage commercial à partir des années 1930.
Quelques années après la Seconde Guerre mondiale, quatre immigrants italiens arrivent dans la Belle Province et font leurs premières armes dans les restaurants de sa capitale. À l’automne 1956, les frères Angelo et Luigi Sgobba, Luigi Giacomello ainsi que Stephano Degan sautent le pas, et Le Continental voit le jour. Leur proposition est alors distinctive : une cuisine européenne de grande qualité et, surtout, le service au guéridon, où certains plats sont préparés, cuits ou flambés directement devant la clientèle. À l’époque, le repas au restaurant est encore un rituel. Le serveur est un professionnel, le service est codifié, la présentation participe au spectacle et on prend réellement le temps de s’attabler, de manger, de profiter.
Quelques décennies plus tard, la deuxième génération prend le relais de l’établissement : André et Louis Sgobba, les fils de Luigi, ainsi que Peter, le fils d’Angelo, assurent sa continuité. Le Continental s’impose alors comme une adresse incontournable du Vieux-Québec et est, plus que jamais, une véritable affaire de famille. Puis, en 2009, Sylvain Pageau et Mathieu Pettigrew prennent la relève et deviennent copropriétaires. À deux, ils cumulent plus d’un demi-siècle d’expérience au Continental : en prendre les rênes est un rêve devenu réalité. Hugo-Patrice Bourbeau et Mathieu Boucher se joignent à eux en 2025 pour assurer une gouvernance efficace.