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La gestion des eaux pluviales : un projet collectif à cultiver
Par Raphaëlle Dufresne, Coordonnatrice de projets et développement - Adaptation aux changements climatiques et résilience, Centre d'écologie urbaine
Face à des pluies plus intenses et à des réseaux d’égouts souvent surchargés, les infrastructures vertes offrent des solutions efficaces pour mieux gérer les eaux pluviales en milieu urbain. En ralentissant l’écoulement de l’eau et en favorisant son infiltration dans le sol, elles contribuent à réduire les risques d’inondation tout en améliorant le cadre de vie.
Pourtant, leur déploiement reste limité. Les approches traditionnelles privilégient encore largement les infrastructures « grises », tandis que les infrastructures vertes sont parfois perçues comme de simples aménagements paysagers plutôt que comme de véritables outils de gestion des eaux pluviales. Cette perception freine leur intégration dès les premières étapes de la planification et complique l’accès au financement, car leurs retombées sociales et économiques sont difficiles à quantifier.
La répartition des infrastructures vertes sur le territoire n’est pas toujours équitable : les quartiers les plus défavorisés, souvent plus vulnérables aux inondations et aux îlots de chaleur, disposent généralement de moins d’espaces verts. Il est donc essentiel de mieux intégrer ces aménagements à la planification urbaine et de veiller à ce qu’ils profitent à toutes et tous. Pour être pleinement efficaces, ces infrastructures doivent être pensées avec les communautés locales.
La première ruelle bleue-verte du Québec, inaugurée en 2023 dans l’arrondissement du Sud-Ouest à Montréal, en est un exemple inspirant. Conçue avec les résidentes et résidents du quartier, elle comprend plusieurs zones de biorétention qui captent et infiltrent les eaux de pluie, notamment provenant de gouttières déconnectées du réseau d’égouts. Des activités de plantation et d’entretien communautaires contribuent aujourd’hui à faire vivre cet espace.
Peut-être est-ce là une des clés pour les villes plus résilientes : des infrastructures construites non seulement pour les communautés, mais aussi avec elles.