Aujourd’hui, le sujet porte sur la notion de responsabilité.
Peu à peu, la forme de l'infolettre se précise en moi. Comme lors des deux dernières éditions, je débuterai par un partage personnel, puis je poursuivrai avec un enseignement ou un rappel en lien avec le thème choisi et je complèterai avec une pensée... Toujours avec l’intention de demeurer autour de 750 mots, afin de garder un texte à la fois riche et accessible.
Volet personnel : Voici un petit poème que j’ai croisé par hasard cette semaine :
C’est quoi un adulte ? C’est un enfant qui a cessé de rêver.
Pourquoi a-t-il cessé ? Parce que rêver ne rapporte rien, dit-on. Alors il gagne de l’argent pour acheter des choses…qui remplacent les rêves qu’il a laissés derrière lui.
Ces mots m’ont beaucoup touché. Ils font écho à cette notion de l’enfant intérieur dont je vous parle souvent, et à ma fascination a observé les jeunes enfants qui découvre la vie.
Peut-être que l’adulte que je suis apprend encore, doucement, à redonner une place aux rêves de l’enfant que j’ai été. Parce que ces mots ont résonné en moi, je vous livre ici une part de moi, avec mes propres mots :
C’est quoi un adulte ? C’est un enfant qui a appris à marcher droit dans un monde qui valorise les pas utiles plus que les élans du cœur.
Pourquoi a-t-il cessé de rêver ? Parce qu’un jour, on lui a dit ou il a entendu que rêver ne payait pas les factures, que les nuages ne remplissaient pas les assiettes.
Alors il a rangé ses étoiles dans un tiroir. Il a troqué ses châteaux de sable contre des briques bien solides. Il a travaillé fort pour acheter des objets capables d’apaiser le silence laissé par ses rêves endormis.
Mais au fond… l’enfant n’est jamais parti. Il attend simplement qu’on lui redonne la permission de rêver.
Puis il a fallu le décès de mon fils Martin pour me bouleverser profondément, m’ébranler. Un choc qui m’a fait exploser les chaînes qui me maintenaient prisonnier de mes fonctionnements et de mes croyances, j’ai démasqué ces gardiens intérieurs qui silencieusement dirigeaient ma vie. Cette drastique expérience de vie m’a amené à découvrir une partie de moi que je ne connaissais pas, à toucher le centre de mes émotions, à accueillir ma sensibilité, ma vulnérabilité.
Peu à peu, j’ai appris à chercher et j'ai trouver un équilibre entre ma tête et mon cœur, entre mon Yin et mon Yang, entre mon chacal et ma girafe, entre mon masculin et mon féminin et ainsi récupérer un certain pouvoir sur ma vie (pour ne pas dire un pouvoir certain sur ma vie). Merci! Martin...
Dans la formation de l’ANDC au CRAM, Dame Colette Portelance ne parle pas directement de l’enfant intérieur. Elle décrit plutôt les trois formes d’intelligence : l’esthète, le pragmatique et le rationnel.
Selon moi, l’enfant intérieur se cache souvent sous l’esthète celui qui ressent, imagine, perçoit la beauté et les nuances du vivant.
Merci!
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Le thème : La responsabilité
De nos jours, le mot responsabilité ne signifie pas seulement payer ses factures ou respecter ses engagements.
Je parle ici de la responsabilité relationnelle.
Et à mes yeux, la responsabilité relationnelle est une clé essentielle dans toute démarche personnelle, peu importe l’objectif.
Qu’est-ce qu’une personne responsable ? C’est une personne qui accepte qu’elle soit la source de :
- Tout ce qu’elle vit,
- Tout ce qu’elle dit,
- Tout ce qu’elle fait,
- Tout ce qu’elle choisit,
- Et aussi de la manière dont elle répond à ce qui lui arrive.
Elle en assume les conséquences. Autrement dit, c’est une personne capable de reprendre le pouvoir sur sa vie en cherchant en elle-même la source de ses malaises afin de se transformer sans se blâmer… et sans blâmer l’autre. Elle ne cherche pas à prendre le pouvoir sur l’autre en essayant constamment de le ou la changer.
La responsabilisation relationnelle consiste à dire : Je suis responsable de mes émotions, de mes besoins et de mes réactions.
Je ne suis pas responsable des émotions de l’autre. Et l’autre n’est pas responsable des miennes.
Cela rejoint la Communication Non Violente de Marshall Rosenberg et aussi ce que nous avons vu dans le cours Vivre en Relation : «L’autre peut être le déclencheur de mes émotions, mais il n’en est pas la cause».
Voici un petit exemple concret :
Au lieu de dire : « Tu me rends triste quand tu fais ça. »
On peut dire :« Quand tu fais ça, je me sens triste parce que j’ai besoin de considération. »
Ainsi je quitte l’accusation… j'entre dans la conscience.
ATTENTION : La responsabilisation relationnelle ce n’est pas de
- Se culpabiliser.
- Tout accepter.
- Tolérer l’inacceptable.
- Devenir le sauveur, le chevalier blanc…
- Ou devenir la sauveuse, la princesse blanche.
Elle implique aussi de
- Nommer ses limites.
- Reconnaître lorsqu’une relation n’est pas saine.
- Apprendre à dire non.
C’est reprendre le pouvoir sur sa vie, sans chercher à contrôler celle de l’autre.
C’est passer de l’ego blessé… à l’adulte intérieur conscient.
À suivre….
Question de clôture : Et toi… Dans tes relations, prends-tu le temps de revenir à toi avant de pointer l’autre?
Pensée : Parfois, la maturité dans la communication ou l’écriture… c’est justement de ne pas ajouter.
Bonne semaine, bonne réflexion et bonne observation…
P.S. Aujourd’hui 914 mots