Un message d'espoir pour 2024, de la part des habitants silencieux du Mont-Kaaikop.
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28 décembre 2023, de la tanière de Boris à l’Aire protégée Mont-Kaaikop à Sainte-Lucie-des-Laurentides
Il était une fois….
Mais Boris, pourquoi tu commences par « il était une fois »?
Bella ma belle renarde, me semble que lorsqu’une histoire débute ainsi, c’est que sa fin sera heureuse et remplie d’espoir. Tel est le sens du message que je livre sans tarder, autant à tous nos amis silencieux du Mont-Kaaikop et des alentours, qu’à nos amis humains avec qui nous partageons cette grande chaîne vivante que l’on nomme biodiversité. Écoute maintenant….
Donc, il était une fois un beau message d'espoir pour la nouvelle année qui arrivera dans les prochains jours.
Eh oui, encore moi, Boris le vieil ours du Mont-Kaaikop où je suis bien au chaud dans ma tanière et pas sorteux du tout! Que voulez-vous, c’est dans ma nature à ce temps-ci de l’année.
Si vous lisez mon message, c’est qu’encore une fois, Béatrice notre belle chouette a réussi son vol, malgré les derniers relents de pluie, de beaucoup de pluie et de vents!
On l’aime notre Béatrice! Sans elle, pas de messages entrants, ni sortants et, surtout, pas d’informations locales, si importantes pour notre communauté silencieuse et pour notre environnement!
Je suis accompagné de mes toujours fidèles amis Bella la renarde, au tempérament gourmand et de son ami Julien, le lièvre, normalement nerveux et discret. Je trouve cette amitié bizarre! Surtout qu’habituellement, c’est une relation réciproquement de gourmandise et de crainte. Peut-être est-ce ce temps de l’année où la lumière et la noirceur ont une même durée, ce qui favorise un esprit de compréhension qui mène à la paix et à l’entraide?
Il y a aussi avec nous dans ma tanière Léon notre raton-laveur, qui passe son temps à flairer la bonne affaire à manger, en fouinant dans le garde-manger de Réal l’écureuil forestier. Surtout que Réal a passé les derniers 6 mois à entreposer, sans ma permission, tout un inventaire de noix et de semences d’arbres. Ah, je me ramollis avec les années. Ça doit être la somme des expériences de ma vie, ce qui se traduit en sagesse et qui nous dit que parfois, et c’est mon cas, on doit mettre nos griffes à la bonne place…
Au loin, nous entendons les cris de nos confrères et consœurs, les coyotes et les loups. Béatrice nous a rapporté avoir vu Serge l’élan dominant et son troupeau, réfugiés à l’abri dans leur quartier d’hiver sur le plateau, près du sommet de notre beau Mont-Kaaikop.
Quant à Hector et Éléonore, nos castors vaillants qui savent si bien modeler les paysages et l’environnement au bénéfice de la grande chaîne de la biodiversité, ils s’occupent de leur progéniture dans leur hutte figée dans l’étang glacé. Eux, ne sont vraiment pas sorteux l’hiver venu. Heureusement, des échos de nos conversations leurs parviennent tout de même par la cheminée de ventilation de leur hutte.
Merci à Robert notre hibou qui utilise un genre de code (certains disent Morse...) pour propager les messages importants à nos castors et à tous les autres habitants silencieux, tant à poils, qu’à plumes, de nos forêts.
Pour ma part, cette année, la somnolence d’hiver n’est pas réellement au rendez-vous. Peut-être à cause de ce temps anormalement chaud qui pedure et toute cette pluie tombée dernièrement, laissant très peu de neige pour enrober complètement ma tanière?
Je ne sais pas pour vous, mais mes amis et moi, nous sommes inquiets pour la vitalité de notre milieu de vie. Nous constatons un effondrement du Vivant qui nous entoure. Quoi faire? Surtout que nous n’en sommes aucunement responsables.
En fait, nous misons beaucoup sur nos amis de la Coalition Conservation Mont-Kaaikop pour comprendre la place que nous occupons dans la grande chaîne de la biodiversité et ainsi, parler pour nous.
Nos amis de la Coalition militent très fort depuis 2013, pour préserver notre territoire de 40,5km2. Ils ont été tenaces et rigoureux en documentant scientifiquement les enjeux environnementaux, sociaux et économiques reliés à notre territoire. Ils ont mis aussi beaucoup d'énergie à communiquer leurs expertises et leurs expériences en vue de sensibiliser d'autres communautés, ainsi que les milieux politiques, à la protection de la biodiversité.
On constate que les importants projets de recherche sur les anciennes forêts sont toujours en cours et se dérouleront pour plusieurs années encore sur notre territoire, qui est propice à cet effet.
Parlant de notre territoire, il est en altitude (838m), quasi aussi haut que le Mont-Tremblant, là où demeure notre cousin Yogi le gaffeur. Et notre territoire regorge de forêts anciennes que les humains ont su protéger à ce jour. C’est une rareté, surtout que, situé au sud, il est propice et riche, très riche en biodiversité. Mais voilà un danger est en marche depuis des décennies. C’est qu’au sud, les milieux naturels se morcellent, s’appauvrissent et se déconnectent pour des motifs monétaires humains.
C’est grave, car pour survivre, ça nous prend des territoires riches en biodiversité déjà présente, que l’on doit protéger et surtout interconnecter entre eux, afin d’assurer notre circulation, notre garde-manger. Bref, un habitat pour s’y réfugier, se reproduire et foisonner. Vivre quoi!
Et maintenant Bella ma belle renarde, je t’avais dit au début que mon histoire se terminerait par une fin heureuse et remplie d’espoir. Nous y voilà!
Il y a beaucoup d’effervescence actuellement et nous vivons de beaux moments porteurs d’avenir pour nous les habitants silencieux du Mont-Kaaikop et des alentours aussi.
C’est qu’on reçoit de nombreux messages d'espoir, venant des hiboux et des chouettes des Laurentides, de la Matawinie et d’aussi loin que de l’Outaouais. On entend que chez les Humains, il y a une prise de conscience collective sur la gravité de l’effondrement de la biodiversité, tissu vivant de notre planète. Ce tissu vivant est composé d’écosystèmes variés qui maintiennent l’équilibre du seul vaisseau dans lequel nous voyageons tous depuis la nuit des temps.
En somme Bella, la biodiversité n’est pas une simple collection d’espèces animales et végétales. C’est des écosystèmes intacts, supports de la vie sur notre vaisseau, la Terre.
L’espoir! Des cibles et des actions sont en marche actuellement pour protéger 30% de nos territoires naturels à l’horizon 2030! Et nous, les habitants silencieux de ces territoires, aurons des places bien à nous! Tout cela donne beaucoup d’optimisme pour l’avenir du Vivant : les champignons, les bactéries, les végétaux, la faune (dans toutes ses dimensions) et, il ne faut pas l’oublier, les humain aussi!
Pour conclure ma belle Bella, tu te souviens qu’en décembre 2022, le Ministre protecteur des écosystèmes et de la biodiversité avait annoncé l’intention de protéger notre territoire?
Eh bien, nos amis humains de la Coalition ont su, de source fiable, que le Ministre protecteur des écosystèmes et de la biodiversité annoncera en début 2024 que notre territoire deviendra réellement l’Aire protégée Mont-Kaaikop, car ses amis-es ministres ont dit oui il y a quelques semaines! Et aussi, mais cela faut pas le dire, il pourrait aussi avoir d’autres territoires que notre territoire dans cette annonce.
Sur une note personnelle, je cesse mes grognements pour NOUS souhaiter une année 2024 annonciatrice de la continuation des actions en marche actuellement pour une réelle protection de la biodiversité!
Boris
Ci-dessous, le beau Boris dans sa jeunesse